Sanguine hum, « What we ask is where we begin : the songs for days session » – 2016

Sanguine Hum est un groupe atypique. Son identité est forte et basée sur un savant mélange de progressif, de canterbury, de jazz et même d’électronique, le tout dans un esprit très “british”. Après le remarqué “Now we have Light”, ils nous proposent en ce début d’année une nouvelle production intitulée : « What we ask is where we Begin: The songs for days Sessions ». Ce double disque présenté en version « deluxe » via Esoteric Antenna n’est pas à proprement dire une nouvelle création puisqu’il reprend sur la première galette ce que l’on peut appeler un album oublié, fruit de leurs débuts et réservé au compte-goutte aux fans à l’époque. Le tout a été dépoussiéré et retravaillé en studio pour l’occasion. La seconde galette contient quant à elle des versions remixées, des extraits de sessions d’enregistrement à l’état brut et des inédits. Un livret de 20 pages accompagne le disque et relate l’histoire de chaque titre du point de vue de chacun des musiciens.

On pourrait penser que cet album est à réserver au public déjà conquis après le superbe « Now we have light » et bien non. Les 31 titres, même si certains paraitront anecdotiques vous sautent à la gorge assez vite. Le ton est donné: cela respire le talent, la fraîcheur, la musicalité. C’est inspiré et inspirant.

Tout leur savoir faire réside à proposer une unique synthèse de pop-rock et d’ambiances atmosphériques hyper travaillées. Matt Baber semble être le chef d’orchestre tant il est omniprésent avec ses instruments : piano, batterie, harmonium, synthétiseur, orgue. Le plus touchant dans ce groupe est certainement la voix particulière de Joff Winks à la fois délicate et sensible. Il gère aussi les parties de guitare.

Si vous êtes curieux, attardez vous sur cette production et vous y découvrirez des trésors : « Cast adrift », « Revisited song », « Milo » ou encore « Hedonic treadmill ». De subtiles parties acoustiques vous sont proposées sur le second disque avec « Double » et « Quartet ». On y croise une inspiration funk bien typique du groupe à l’instar d’un certain « Cat factory » sur « Now we have light ».

L’intérêt du groupe ne se borne pas seulement à leur musique mais à ce qu’ils racontent et cela va loin. Ils abordent largement des thèmes mystiques, philosophiques voire sociologiques à l’image du titre « Hedonic Treadmill », qui nous parle de cette théorie selon laquelle les êtres humains conservent plus ou moins et tout au long de leur vie un même niveau de bonheur et ce, indépendamment de facteurs extérieurs tels que la richesse. Ils évoquent des thèmes tels que le voyage dans le temps, la nécessité de garder son libre arbitre, des sujets profonds susceptibles de nous toucher.

Dès le début, on pouvait penser devoir classer ce disque comme réservé pour les fans.

Force est de constater qu’il peut aussi être une superbe porte d’entrée pour découvrir ce groupe si spécial.

Les connaisseurs et fidèles pourront quant à eux patienter avec beaucoup de bonheur avant leur prochaine réalisation car oui, cet album est encore une réussite et ce groupe à placer dans la catégorie « ce qui ce fait de mieux ». Osons le dire tant ce qu’ils proposent est riche, dense et unique quelque part.

Leur talent est immense et sur cet album, celui de leurs débuts, tout était déjà dit dès le départ.

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