L’épée de Saint-Michel

Je suis la lame de mon maître, la lame d’une épée la plus pure qui soit, celle de Saint-Michel. Les deux faces de celle-ci sont pourtant comme le feu et la glace, la lumière et les ténèbres, la grâce et la disgrâce, la joie et la tristesse. J’ai ainsi longtemps combattu contre moi-même, contre mes ombres, ma part d’obscurité mais j’ai toujours conservé en ligne de mire l’arête brillante et singulière de la belle partie tranchante et ce pour ne pas sombrer, ne perdant jamais la foi.

Avais-je le choix ? Hélas non et j’ai combattu mes démons alors qu’ils venaient me hanter la nuit, me terrifiaient. Les larmes ont souvent coulé sur l’arme et la magie a opéré, comme une chimie divine : un versant a pris le pas, la part du diable s’est estompée tandis que le tranchant clair et lumineux brillait chaque jour davantage de mille feux.

J’ai cette épée en main pour servir un destin qui sait et non pour couper, sectionner, rompre ou casser, elle est faite pour servir, protéger et donner. Je le sens, je le sais, nul besoin de manuel. Imaginez le pouvoir de cette dernière, comme un glaive invisible posée sur les âmes. Fermez les yeux et rêvez : elles redonnerait le sourire à ceux qui ont perdu la joie, offrirait la vibration aux esprits en berne, mettrait des couleurs aux regards ternes, fleurirait les vies, chanterait de la poésie, ferait don d’amour au plus grand nombre, inconditionnellement.

Comme l’emblème de l’archange, elle est comme le tournesol, se tournant vers le soleil, brise la glace et libère les cœurs.

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