L’oiseau bleu

Oh mon Dieu ! J’aurais pu le demander, le rêver, le grand maître me l’a accordé et sans mot dire. Qui aurais pu l’imaginer un jour ? Personne ni moi même d’ailleurs. Alors, voilà l’ami ce qui me fut offert comme offrande prodigieuse : un voyage à la Jules Verne et pas n’importe lequel, non pas un tour du monde, mieux encore :  une descente au pays de mon cœur !

Je ne suis pas un grand homme et il ne me fallut guère que quelques minutes pour descendre l’échelle et passer du siège de mes rêves vers celui dont on parle le plus, l’hôtel des passions, l’endroit en vogue dont on raconte les histoires folles partout en notre univers et depuis toujours.

Comme un saut en parachute, il ne dura que quelques minutes avant que le mouchoir ne vienne freine la chute et que je revienne à la réalité, de la passion aux rêves.

Je me souviens, je vis l’œil effaré de magnifiques cascades, des rivières. Cette eau pure, le sang, m’apparut comme un fluide magique, celui qui porte la vie, l’amour et la fusion. Je ne pus que constater avec émerveillement la beauté du spectacle, une nature sauvage comme à l’origine. Des sons de tambour, tels une fanfare, résonnaient au loin, singuliers, précis. Un ange en voyage d’affaire dans le secteur me dit ceci : « écoute, ce sont les vibrations de l’âme du monde ». Subjugué par tant de beauté, je fus irrésistiblement attiré vers une curiosité, un point de lumière, une fenêtre !  Oui, mon cœur possédait en son sein une ouverture vers l’extérieur et je ne pus résister à la tentation de me diriger vers elle pour y voir le spectacle, telle une promesse, une révélation.

Ce que je vis me laissa sans voix, une larme coula de ma joue pour ruisseler sur moi et rejoindre les flux déchainés. Un petit oiseau bleu était devant mes yeux et virevoltait avec grâce. Il chantait, sifflait tant et si bien que tout devenait muet autour, son environnement écoutait. Il faisait le spectacle avec métier.

Je n’avais rien d’aussi beau à vrai dire dans ma vie : ce volatile était fait de grâce et de douceur. Que dire de son plumage couleur turquoise ?  Cet oiseau brillait de mille feux comme s’il avait toujours été là en moi. Une magnifique perle était dans son bec, ce n’était pas un larcin mais certainement une obole me suis-je dit.

La plus belle femme du monde m’avait dit un jour : « Je suis cet oiseau bleu » et en mon cœur je vis juste un chose : mon amour le plus pur pour elle. Elle, volait de temps à autre à ma fenêtre. Un jour, je lui ouvrirai ma porte.

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