Transmutation

Et si le hasard n’était qu’un message? Justement, ce dernier m’a mis le mot « transmutation » devant mon nez, pas plus tard que ce matin. Cela ne m’a pas laissé indifférent.

« Le moment crucial de chaque artiste est sa transmutation «d’être récepteur» en «être émetteur»: là, il devient créateur, être rarissime découvrant son rôle qui consiste à donner » disait Victor Vasarely.

Je ne peux que songer à l’origine de ce blog et vous propose ainsi un retour dans le temps pour mieux comprendre la démarche initiale.

« Metanoïa, terme issu du grec μετάνοια, signifie un changement radical de pensée, d’état d’esprit, d’attitude, comme une transmutation profonde de conscience. Cela n’a donc rien à voir avec un changement de point de vue superficiel. Il s’agit d’un acte volontaire, puissant,  libérateur et transformateur dans son ambition et la « prise de conscience » initiale est alors susceptible de se transformer alors en « lâcher prise Dans certains cas, j’ajouterais que nous n’avons pas le choix, c’est avancer ou périr.

A l’origine, cela vient souvent d’une prise de conscience soudaine que quelque-chose ne va pas et qu’il faut changer radicalement. Le fait est que le tout peut prendre racine dans des circonstances anodines : une rencontre, une révélation, une séparation, l’expérience d’un deuil, un chagrin et qui pourtant aussi futiles soient-elles à priori, vont ouvrir des brèches immenses. On peut parler de tsunami, de lame de fond.

La seule solution est d’opérer le changement pour se libérer, se guérir, comme les bouddhistes atteignent le nirvana, l’illumination, pour se détacher éternellement de la souffrance causée par la haine, la jalousie, l’ignorance ou encore la colère.

Notre cerveau est taillé en plus pour cela : il est apte au changement. Nous pouvons tous changer à condition de le vouloir sans pour autant opérer une métanoïa souvent fruit des hasards de la vie. L’idée est aussi de prendre conscience de certaines choses et de faire de son mieux pour se projeter vers l’avant, la pensée positive.

Et ce titre alors ? Pourquoi avoir ajouté « art » à la fin pour constituer ce terme curieux de métanoiart ?

Cela vient d’un constat personnel. Comment l’art et le processus créatif peuvent donner de la force, de l’énergie et de la foi en vous reconnectant au « beau », au « divin », à l’enfant intérieur que vous étiez et qui s’était effacé au fil du temps, à vos rêves les plus précieux, à l’amour inconditionnel, au fond, la plus belle partie chez vous ?

C’est cela, l’idée du blog ou du titre : l’art et  la métanoia ».

 

Alors que penser dès lors de la transmutation? Elle est al(chimique), atomique et spirituelle, un art ! Tout dépend d’où l’on se place.

Pour reprendre une entrevue avec un docteur en physique et spécialiste en alchimie, son but est de faire disparaître la matière pour qu’il n’y ait plus d’obstacle à la lumière.

Patrick Burrensteinas nous livre : « L’alchimiste utilise le terme de la « vraie lumière » et lorsque nous utilisons ce terme, il ne s’agit pas de la lumière de notre monde. On imagine qu’il y a une source originelle, qu’il y a une énergie, le croyant dira qu’il y a une permanence ou un Dieu, mais tout cela n’est pas vrai. A un moment il y a une singularité qui s’est créée. Il y a eu une agitation dans l’immobile. Cette agitation c’est ce que l’on appelle la matière. Donc pour nous, la lumière c’est tout ce que nous ne savons pas transmuter en matière. Dans ce monde, à l’intérieur de la bulle, nous transformons. C’est-à-dire que nous prenons une forme pour faire une autre forme. L’alchimiste ne transforme pas, il transmute. C’est-à-dire qu’il rend à la matière son état originel, celui de la lumière.

Il poursuit:  » On disait que les alchimistes pouvaient transmuter le plomb en Or. C’est vrai et c’est assez facile. Leurs numéros atomiques sont proches. Le mercure a un numéro atomique de 80 et l’Or de 79. Il suffit de retirer juste un électron. Alors évidemment, il n’est pas simple de retirer un électron, mais c’est théoriquement très facile. L’alchimiste ne fera pas cela d’une manière physique mais métaphysique. Il considère qu’il y a un esprit à l’intérieur de la matière. D’ailleurs nous parlons de dialogue avec la matière. Je peux modifier la matière et l’environnement rien que par ma pensée, par ma présence ou par mon vouloir. C’est ce que l’on peut appeler la magie et la magie, c’est « l’âme agit ».

Quel magnifique point de vue et quelle joie de songer à ce concept de pensée créatrice !

Tout être humain a pour quête ultime le bonheur. Quant à l’artiste, sa mission ultime est celle-là, qui sait : faire briller à nouveau le sans éclat, transmuter le noir en espoir, mettre en lumière la beauté du monde, recycler, transformer, donner, offrir. Il peut le faire car son coeur a réussi ce prodige : la transmutation.

 

 

 

1 Comment

  1. Je viens de lire vos écrits (j’avais un problème de connexion internet depuis quelques jours )…Merveilleux là couleur que vous mettez à ce mot. ..Transmutation ! !
    Merci à vous .Bonne soirée. Delphine FORMET

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