YES – Close To The Edge – 1972 – Atlantic Records

1972 : le rock progressif arrivait dans sa troisième année et allait littéralement exploser.

Après l’album Fragile en janvier, Yes frappait un autre grand coup artistique et nous livrait en septembre Close To The Edge. Le groupe vivait en quelque sorte son âge d’or et marquait les esprits par son incroyable talent, un talent surtout du à la fusion exceptionnelle des capacités de chacun des musiciens, à une complémentarité hors norme.

Pour la réalisation de cet album, les moyens mis en œuvre par Atlantic ont été importants avec l’enregistrement durant trois mois en studio et l’absence totale de scène pendant cette période. L’anecdote souvent reprise par YES est la pénibilité des répétitions et les nuits blanches passées en studio.

Allons droit au but : à mes yeux, CLOSE TO THE EDGE est une œuvre majeure dans l’histoire du rock (tout court) et est arrivé comme un OVNI sur nos platines.

Découpé en trois parties, Close to the Edge, And You and I et Sberian Kheatru, ce disque nous révèle un trésor d’inventivité, de créativité, de musicalité et a repoussé à mille lieux toutes les frontières connues en la matière. Il ressort ce de disque toutes les influences de Jon Anderson à savoir : Stravinski et Sibelius.

Un fabuleux voyage qui émeut toujours 40 ans plus tard et transpire toujours la modernité.

Close To The Edge est le premier titre et titre éponyme représente à lui seul la substance de l’album.

Voyage initiatique sur un fleuve traversant la jungle (inspiré par l’œuvre d’ Hermann Hess, Siddhartha), ce titre symbolise toute la complexité de l’œuvre : écriture mystique sur le thème de l’initiation, de la perception, de l’élévation. Pour ce faire, la musique nous emporte sur ce même terrain : tortueux, dissonant, inspiré mais c’est là le plus touchant, tout est d’une grâce impressionnante voire sublime.

Véritable course poursuite rythmique Close To The Edge nous rend littéralement pantois à la première écoute. Les orgues, la sitar électrique, les riffs de basse ciselés , les nappes de moog et la voix aérienne de Jon Anderson livrent leur secrets aux auditeurs patients. 100 écoutes plus tard, des détails ressortent toujours et nous émerveillent encore.

An you And I suit avec une apparence plus simple, conçue en qualité de protest song à l’époque pour dénoncer la corruption politique.

Moins complexe, plus dépouillée, la musique y reste savante avec de nombreuses polyphonies vocales et autres contretemps. Le point d’orgue est dans la seconde partie avec en éclipse un moment de grandiloquence et de pure beauté initié par un Steve Howe au sommet de son art pedal steel à l’appui. A coup sur, cette partie restera dans plus belles créations du Groupe.

Siberian Khatru

Sans conteste, ce dernier titre est tout aussi singulier et novateur que les précédents.

Moins grandiloquent, on ne peut rester insensible à la guitare ciselée de Steve Howe, à la ligne de basse de Chris Squire toujours intelligente et à la voix aérienne de Jon Anderson.

On touche encore à la perfection dans un même univers fouillé, dense et recherché.

Les amoureux du genre se passionneront à coup sur pour cet album, les autres passeront leur chemin intrigué au mieux ou assourdi par un déluge de notes.

Un chef d’oeuvre du genre…