The Musical Live Painting Experience: genèse d’un projet

Dans le cadre professionnel, des amitiés et des affinités se tissent parfois. Avec certaines personnes, la magie opère quand les relations se renforcent et perdurent au fil du temps. Avec Marielle Duroule, il est est ainsi; nous travaillons ensemble depuis plus de quinze ans et cet été, au détour d’une conversation, cette dernière m’a proposé d’organiser de façon conjointe une soirée dédiée à l’archange Saint Michel. Quelle proposition inattendue de sa part !

Je devais, telle était ma mission si je l’acceptais, “pondre” une séquence musicale sur un thème donné. Pour l’occasion, j’allais me frotter à cet archange car son objectif était de réaliser une fresque géante le représentant.

Je n’ai pas hésité une seconde même si cela m’angoissait grandement comme une sorte de “coming-out” artistique. J’écrivais des chroniques depuis des années pour des supports musicaux, rêvait d’écrire un livre, comme elle, souhaitait plus que tout revenir aux sources, à ses premiers amours : les arts plastiques, la peinture. L’occasion était trop belle, impossible de refuser !

Nous sommes allés au bout de ce projet le jour de la Saint Michel, le 29 septembre dernier devant un public certes restreint mais unanimement conquis et ce à notre plus grand étonnement au vu du thème et de l’approche décalée apportée pour l’occasion.

Pensez-vous: il n’est pas commun de se voir proposé du Sepultura juxtaposé à du Bach, du Puccini, du Pink Floyd ou à de la musique électronique. C’était le but : rejouer en musique les émotions que sont la colère, la rage, le questionnement, l’apaisement, la libération et la joie. Pour ce faire , nous avons lu, écouté, échangé, décortiqué pour bâtir ce projet fusionnel.

Cela posait la première pierre du projet pour lequel nous portons aujourd’hui beaucoup d’ambition et de passion. Une semaine plus tard, nous évoquions le thème qui suit. Quelle joie, quelle excitation !

Marc Chagall

             

Omniprésente dans son œuvre, la musique est intimement liée à ses origines russes et tout au long de sa vie, les liens qu’il entretiendra avec cet art prendront tout leur sens à travers des créations scéniques (L’oiseau de Feu en 1945 ou La Flûte Enchantée en 1967) ou encore une œuvre monumentale comme la réalisation du plafond de l’Opéra de Paris qu’il achèvera en 1964. Il eu cette magnifique formule à cet égard : »J’ai voulu, en haut, tel un miroir, refléter en un bouquet les rêves, les créations des acteurs, des musiciens ; me souvenir qu’en bas s’agitent des habits des spectateurs. Chanter comme un oiseau, sans théorie ni méthode. Rendre hommage aux grands compositeurs d’opéras et de ballets. ».

Alors sur le papier ou la toile à venir, n’y a t-il pas de projet plus excitant que de rendre hommage à ce merveilleux peintre en musique ?

Prenez vos agendas et bloquez cette date !

Avant première du projet “The Musical Live Painting Experience” (avec Marielle Duroule et Sébastien Buret) dédiée au peintre Marc Chagall le jeudi 6 avril 2017 dès 20h00 aux Salons du Château à Comines.

Adresse : 21, rue du bas chemin à Comines

Ouverture des portes dès 19h30 – La prestation débutera à 20h30

PAF : 8 euros (opération promotionnelle à but non lucratif)

Renseignements et contact sur : 

http://themusicallivepaintingexperience.com

YES – Close To The Edge – 1972 – Atlantic Records

1972 : le rock progressif arrivait dans sa troisième année et allait littéralement exploser.

Après l’album Fragile en janvier, Yes frappait un autre grand coup artistique et nous livrait en septembre Close To The Edge. Le groupe vivait en quelque sorte son âge d’or et marquait les esprits par son incroyable talent, un talent surtout du à la fusion exceptionnelle des capacités de chacun des musiciens, à une complémentarité hors norme.

Pour la réalisation de cet album, les moyens mis en œuvre par Atlantic ont été importants avec l’enregistrement durant trois mois en studio et l’absence totale de scène pendant cette période. L’anecdote souvent reprise par YES est la pénibilité des répétitions et les nuits blanches passées en studio.

Allons droit au but : à mes yeux, CLOSE TO THE EDGE est une œuvre majeure dans l’histoire du rock (tout court) et est arrivé comme un OVNI sur nos platines.

Découpé en trois parties, Close to the Edge, And You and I et Sberian Kheatru, ce disque nous révèle un trésor d’inventivité, de créativité, de musicalité et a repoussé à mille lieux toutes les frontières connues en la matière. Il ressort ce de disque toutes les influences de Jon Anderson à savoir : Stravinski et Sibelius.

Un fabuleux voyage qui émeut toujours 40 ans plus tard et transpire toujours la modernité.

Close To The Edge est le premier titre et titre éponyme représente à lui seul la substance de l’album.

Voyage initiatique sur un fleuve traversant la jungle (inspiré par l’œuvre d’ Hermann Hess, Siddhartha), ce titre symbolise toute la complexité de l’œuvre : écriture mystique sur le thème de l’initiation, de la perception, de l’élévation. Pour ce faire, la musique nous emporte sur ce même terrain : tortueux, dissonant, inspiré mais c’est là le plus touchant, tout est d’une grâce impressionnante voire sublime.

Véritable course poursuite rythmique Close To The Edge nous rend littéralement pantois à la première écoute. Les orgues, la sitar électrique, les riffs de basse ciselés , les nappes de moog et la voix aérienne de Jon Anderson livrent leur secrets aux auditeurs patients. 100 écoutes plus tard, des détails ressortent toujours et nous émerveillent encore.

An you And I suit avec une apparence plus simple, conçue en qualité de protest song à l’époque pour dénoncer la corruption politique.

Moins complexe, plus dépouillée, la musique y reste savante avec de nombreuses polyphonies vocales et autres contretemps. Le point d’orgue est dans la seconde partie avec en éclipse un moment de grandiloquence et de pure beauté initié par un Steve Howe au sommet de son art pedal steel à l’appui. A coup sur, cette partie restera dans plus belles créations du Groupe.

Siberian Khatru

Sans conteste, ce dernier titre est tout aussi singulier et novateur que les précédents.

Moins grandiloquent, on ne peut rester insensible à la guitare ciselée de Steve Howe, à la ligne de basse de Chris Squire toujours intelligente et à la voix aérienne de Jon Anderson.

On touche encore à la perfection dans un même univers fouillé, dense et recherché.

Les amoureux du genre se passionneront à coup sur pour cet album, les autres passeront leur chemin intrigué au mieux ou assourdi par un déluge de notes.

Un chef d’oeuvre du genre…