Trevor Rabin, Jacaranda, 2012

Le jacaranda est une variété d’arbres de la famille des bignoniacea et originaire du Paraguay, d’Uruguay, du sud du Brésil et d’Argentine. L’espèce la plus commune est le flamboyant bleu (Jacaranda mimosifolia). De même, Pretoria, la capitale administrative de l’Afrique du Sud, est connue comme la ville du jacaranda (Jacaranda City) en raison de la quantité importante de cette espèce végétale plantée dans ses rues, parcs et jardins.

Cette petite introduction est idéale pour décrire un album aussi flamboyant et chroniquer cette œuvre du sud-africain Trevor Rabin. On imaginera des souvenirs de jeunesse de la part du musicien bourrés de poésie et de nostalgie.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet artiste est à l’origine du plus gros tube et de la fortune de Yes en composant notamment la musique de « Owner of a lonely heart » sur l’album « 90125 ». Il quittera le groupe au milieu des années 90 après « Talk » sur fond de batailles rangées d’égo. C’est aussi un immense compositeur pour le septième art avec à son actif des œuvres comme « Armaggedon ». Musicien de studio accompli, il a aussi travaillé avec Tina Turner, Michael Jackson ou encore Bob Dylan. Ce curriculum vitae ne laisse planer aucun doute sur les talents de l’intéressé.

Avec Jacaranda, Trevor Rabin nous livre une œuvre éclectique, brillante et touchante après une longue période de silence.

Cet album regroupe une multitude d’influences : jazz, fusion, rock, blue-grass, folk et classique. La vraie magie est de réunir le tout avec autant de cohérence et de brio. Fermez les yeux et imaginez sur scène Jean- Sébastien Bach, Les Dixies Dregs, Yes, Django Reinhardt, Jeff Beck. L’osmose est parfaite et totalement irréelle.

Trevor Rabin a tout composé et il y joue tout à l’exclusion des parties de batterie confiées à Vinnie Colaiuta, Lou Molino III et son fils Ryan Rabin. La délicieuse et jeune Tal Wilkenfeld joue en invitée sur « amerley road » et y montre l’étendue de son talent. L’utilisation du dobro (type de guitare à résonateur) ajoute encore un supplément d’âme. C’est d’ailleurs le premier titre « spider boogie » qui en témoigne, un titre bourré d’énergie et de folie.

Les choses sérieuses commencent avec « market street ». Fait de nuances et de variations, il ravira les fans de Yes et de Genesis avec ses sonorités constituées de nappes de piano, d’orgue et de « slide » guitares virevoltantes qui évoquent l’album « talk ».

« Anerley road » arrive ensuite pour nous livrer une des plus belles fleurs de l’album, un bouquet éblouissant de sons riches et savoureux. La belle Tal y apporte sa touche et son talent, basse en main.

Le reste de l’album est aussi qualitatif et je pourrais passer des heures à disserter sur le sujet. « Killarney 1 and 2» est une magnifique œuvre classique où les notes de piano coulent avec majesté tel un fleuve tranquille.

« Through the tunnel » est appréciable quant à lui de part la variété d’influences. T réussit l’exploit d’y donner une cohérence totale. Le seul titre non purement instrumental est « rescue » avec au chant Liz Constantine. On l’écoutera comme une musique de film.

« Me and my boy » ou encore « gazania » achèveront de nous charmer.

Cet album est en réalité une œuvre touchante, aboutie et riche.

Pour finir, je souhaiterais évoquer deux choses.

Premièrement, je pense à YES. Le génie n’aurait-il pas consisté à conserver en son sein un artiste d’une telle envergure  à l’époque? Je l’ai toujours pensé même si on ne refait pas l’histoire et les hommes.

Enfin, je vous proposerais bien un petit voyage…

Nous sommes à Prétoria en Afrique du Sud. Ouvrez les yeux et surprise : nous sommes là assis sur un banc au beau milieu de fontaines et de jacarandas flamboyants. Vous ne rêvez pas, tout est là : cette belle nature d’une beauté sauvage et resplendissante. Le vent se lève et les fleurs se mettent à tourbillonner dans le ciel, que c’est beau ! Vous pouvez maintenant mettre les écouteurs sur vos oreilles, Monsieur RABIN s’est chargé de la bande son. Je vous laisse, bonne écoute !

Un grand disque, assurément.

 

Tracklisting : 



  • 01 Spider Boogie
  • 02 Market Street
  • 03 Anerley Road
  • 04 Through The Tunnel
  • 05 The Branch Office
  • 06 Rescue
  • 07 Killarney 1 & 2
  • 08 Storks Bill Geranium Waltz
  • 09 Me And My Boy
  • 10 Freethought
  • 11 Zoo Lake
  • 12 Gazania

LINE-UP

  • Trevor Rabin – Guitars, Piano, Bass, Keyboards
  • Liz Constintine – Vocals
  • Tal Wilkenfeld – Bass
  • Lou Molino III – Drums
  • Vinnie Colaiuta – Drums
  • Ryan Rabin – Drums

Convention Marillion 2015

Quelques images de la convention Marillion 2015 prises à l’époque  (Pays-Bas) en attendant l’édition 2017 au mois de mars prochain. Des photos suivront ainsi qu’un compte-rendu détaillé !

 

 

 

 

 

 

 

 

Métanoiart : une brève explication du titre du blog

Metanoïa, terme issu du grec μετάνοια, signifie un changement radical de pensée, d’état d’esprit, d’attitude, comme une transmutation profonde de conscience. Cela n’a donc rien à voir avec un changement de point de vue superficiel. Il s’agit d’un acte volontaire, puissant,  libérateur et transformateur dans son ambition et la « prise de conscience » initiale est alors susceptible de se transformer alors en « lâcher prise ».

A l’origine, cela vient souvent d’une prise de conscience soudaine que quelque-chose ne va pas et qu’il faut changer radicalement. Le plus extraordinaire est que le tout peut prendre racine dans des circonstances anodines : une rencontre, une révélation, une séparation, l’expérience d’un deuil, un chagrin et qui pourtant aussi futiles soient-elles à priori, vont ouvrir des brèches immenses.

La seule solution est d’opérer le changement pour se libérer, comme les bouddhistes atteignent le nirvana, l’illumination, pour se détacher éternellement de la souffrance causée par la haine, la jalousie, l’ignorance ou encore la colère.

Notre cerveau est taillé en plus pour cela : il est apte au changement. Nous pouvons tous changer à condition de le vouloir sans pour autant opérer une métanoïa souvent fruit des hasards de la vie. L’idée est aussi de prendre conscience de certaines choses et de faire de son mieux pour se projeter vers l’avant, la pensée positive.

Et ce titre alors ? Pourquoi avoir ajouté « art » à la fin pour constituer ce terme curieux de métanoiart ?

Cela vient d’un constat personnel. Comment l’art et le processus créatif peuvent donner de la force, de l’énergie et de la foi en vous reconnectant au « beau » , au « divin », à l’enfant intérieur que vous étiez et qui s’était effacé au fil du temps, à vos rêves les plus précieux, à l’amour inconditionnel, au fond, la plus belle partie chez vous ?

C’est cela, l’idée du blog ou du titre  : l’art et  la métanoia.

Quelques citations éclairantes :

Romain Rolland : « si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur ».

Carrie Fisher : « Prends ton coeur brisé et transforme-le en art ».

Et oui, la musique donne une âme au monde et des ailes à l’imagination !

 

The Musical Live Painting Experience: genèse d’un projet

Dans le cadre professionnel, des amitiés et des affinités se tissent parfois. Avec certaines personnes, la magie opère quand les relations se renforcent et perdurent au fil du temps. Avec Marielle Duroule, il est est ainsi; nous travaillons ensemble depuis plus de quinze ans et cet été, au détour d’une conversation, cette dernière m’a proposé d’organiser de façon conjointe une soirée dédiée à l’archange Saint Michel. Quelle proposition inattendue de sa part !

Je devais, telle était ma mission si je l’acceptais, « pondre » une séquence musicale sur un thème donné. Pour l’occasion, j’allais me frotter à cet archange car son objectif était de réaliser une fresque géante le représentant.

Je n’ai pas hésité une seconde même si cela m’angoissait grandement comme une sorte de « coming-out » artistique. J’écrivais des chroniques depuis des années pour des supports musicaux, rêvait d’écrire un livre, comme elle, souhaitait plus que tout revenir aux sources, à ses premiers amours : les arts plastiques, la peinture. L’occasion était trop belle, impossible de refuser !

Nous sommes allés au bout de ce projet le jour de la Saint Michel, le 29 septembre dernier devant un public certes restreint mais unanimement conquis et ce à notre plus grand étonnement au vu du thème et de l’approche décalée apportée pour l’occasion.

Pensez-vous: il n’est pas commun de se voir proposé du Sepultura juxtaposé à du Bach, du Puccini, du Pink Floyd ou à de la musique électronique. C’était le but : rejouer en musique les émotions que sont la colère, la rage, le questionnement, l’apaisement, la libération et la joie. Pour ce faire , nous avons lu, écouté, échangé, décortiqué pour bâtir ce projet fusionnel.

Cela posait la première pierre du projet pour lequel nous portons aujourd’hui beaucoup d’ambition et de passion. Une semaine plus tard, nous évoquions le thème qui suit. Quelle joie, quelle excitation !

Marc Chagall

             

Omniprésente dans son œuvre, la musique est intimement liée à ses origines russes et tout au long de sa vie, les liens qu’il entretiendra avec cet art prendront tout leur sens à travers des créations scéniques (L’oiseau de Feu en 1945 ou La Flûte Enchantée en 1967) ou encore une œuvre monumentale comme la réalisation du plafond de l’Opéra de Paris qu’il achèvera en 1964. Il eu cette magnifique formule à cet égard : »J’ai voulu, en haut, tel un miroir, refléter en un bouquet les rêves, les créations des acteurs, des musiciens ; me souvenir qu’en bas s’agitent des habits des spectateurs. Chanter comme un oiseau, sans théorie ni méthode. Rendre hommage aux grands compositeurs d’opéras et de ballets. ».

Alors sur le papier ou la toile à venir, n’y a t-il pas de projet plus excitant que de rendre hommage à ce merveilleux peintre en musique ?

Prenez vos agendas et bloquez cette date !

Avant première du projet « The Musical Live Painting Experience » (avec Marielle Duroule et Sébastien Buret) dédiée au peintre Marc Chagall le jeudi 6 avril 2017 dès 20h00 aux Salons du Château à Comines.

Adresse : 21, rue du bas chemin à Comines

Ouverture des portes dès 19h30 – La prestation débutera à 20h30

PAF : 8 euros (opération promotionnelle à but non lucratif)

Renseignements et contact sur : 

http://themusicallivepaintingexperience.com