HISTOIRES DE VENTS

La vie est une bougie dans le vent selon un proverbe japonais. La diversion est parfaite car la vie est autant dans le vent que dans la flamme.

Avouez-le, vous-vous étiez focalisés sur la lueur, son incandescence vacillante, la cire fondant à petit feu ? Mais avez-vous songé à un monde sans brise, sans souffle, un univers immobile ?

Les moulins ne tourneraient plus, les girouettes n’existeraient pas, les plus beaux récits de voyage perdraient leurs voiles, les enfants seraient orphelins de leurs cerfs-volants et les grecs pleureraient Eole.

Point de tempête de sable, de neige, point de creux dans les vagues, nuls naufrages ni exploits, le cap Horn serait en berne.

Le soleil et les nuages auraient davantage de responsabilités et devraient ainsi rafraichir, assécher, emporter. A coup sûr, ils s’épuiseraient puis mourraient.

Un monde sans vent ne serait pas une vie car il est la vie.

Mon nom est Simoun et depuis tout jeune, j’ai appris à vivre avec, non pas à le dominer mais à l’écouter, tendre l’oreille et capter son murmure. Ce n’est que bien plus tard que j’ai pu enfin l’apprivoiser et à l’accompagner devenant ainsi son ami. A l’âge de dix sept ans, je devenais son biographe, il m’autorisait  à le suivre partout au gré de ses missions, à travers les continents, par beau temps, par sale temps,  au gré de ses tournées, de ses caprices et humeurs. J’ai tout consigné dans un carnet, il faut dire que je ne le quittais jamais noircissant scrupuleusement la moindre anecdote ou aventure. Il y a d’ailleurs tant de choses à vous révéler, le diable est un sacré artiste !

Il est ainsi l’heure de tout vous  raconter, mon compagnon d’une vie vient d’ailleurs de me souffler à l’oreille : « à toi de jouer Simoun, dis leur ce que tu as vu ».

Le premier jour. Je me souviens de toi Khamsin, tu m’avais porté en Egypte et le sable avait fouetté le visage de ce jeune garçon. Oui, il est temps, je vais tout vous dire, asseyez-vous autour de la bougie.

VENESIA

Dicen de tí que eres la ciudad más romántica del mundo, y la pintora reveló tu secreto.

Realmente eres un mundo, mucho más que una ciudad, tu belleza fluye de tus arterias, escucha el canto del gondolero!

Se cuenta que te marchitas en tu laguna y tú, sin rencor, permaneces orgullosa y sublime.

No necesitas máscaras, te presentas sin maquillajes y nuestros corazones iluminas!

Majestuosos y delicados, tus puentes permiten el paso de almas mágicas, sin murmullos ni suspiros.

El palacio de los duques y las basílicas observan mudos el paso del tiempo. Quién es esta artista venida de las estrellas, venusiana o veneciana, la que dió vida a la hermosa Venezia?

Desde la grandeza en la que se encontraba, por encima de las nubes y los astros celestiales, cometió un único y grave error.

Sus pinceles y colores realizaron el vuelo perfecto, un gran salto astral enfrentándose al azar para crear el escenario.

Detén tus ojos y observa: flechas plantadas en el corazón y todos estos colores! No falta uno sólo y el arte hizo el resto, sin pedirlo, es magnífico, es brillante, es oro!

 

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET selon l’oeuvre originale de May RUIZ

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VENISE

On dit de toi que tu es la ville la plus romantique du monde mais la peintre a percé ton secret

Tu es un monde, bien plus qu’une cité, la beauté coule dans tes artères, écoute chanter le gondolier !

On raconte que tu t’abimes dans ta lagune et toi sans rancune, tu restes fière et sublime

Tu ne portes point de masque, tu te présentes sans fard et nos cœurs tu illumines

Majestueux et délicats, tes ponts font passer les âmes avec magie, sans murmure ni soupir

Le palais des doges et les basiliques guettent pendant ce temps les allées et venues du temps, sans mot dire

Qui est cette artiste venue des étoiles, vénusienne ou vénitienne, celle qui donna la vie à la belle Venise ?

Du haut de sa grandeur, d’où elle se trouvait, juchée sur quelques nuages ou des astres du ciel, elle ne fit que commettre une erreur, une bourde qui n’était point une sottise

Ses pinceaux et ses couleurs firent le vol plané, le grand saut astral pour se planter au hasard et créer le décor

Je ferme les yeux et que vois-je?  Des flèches sont plantées comme en plein cœur, les couleurs ont fait leur office, elles y sont toutes et l’art a fait le reste, sans qu’on lui demande, c’est magnifique, cela brille, on dirait de l’or !

 

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET selon l’oeuvre originale de May RUIZ

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El pájaro azul

«  ¡Oh Dios mío!
Lo habría podido pedir,
lo habría podido soñar,
y sin embargo el creador me lo concedió
sin decir una sola palabra…
 
¿Quién podría haberlo imaginado?
Ni siquiera yo mismo, hasta ahora.
Déjame contarte, amigo mío, el maravilloso regalo que me fue concedido:
“un viaje Julio Verne”,
no un viaje cualquiera, no,
una vuelta al mundo increíble,
¡un viaje al centro de mi corazón!
 
Aunque no soy alto,
me llevó varios minutos descender por la escalera que llevaba desde mis sueños hasta el lugar más nombrado,
el hotel de las pasiones,
el famoso lugar del que se cuentan alocadas historias desde los principios del Universo.
 
Cual salto en paracaídas,
sólo duró unos minutos
antes de que la campana frenase la caída devolviéndome a la realidad.
De la pasión a los sueños.
 
Lo recuerdo,
vi magníficas cascadas, ríos.
Agua pura, sangre,
que apareció en mí cual fluido mágico,
transportando vida, amor y unión.
Sólo pude comprobar con admiración la belleza del espectáculo,
una naturaleza salvaje como de los inicios.
 
Sonidos de tambor cual tocata resonaban lejanos, singulares y precisos.
Un ángel viajero me dijo:
escucha, son las vibraciones del alma y del mundo.
Subyugado por tanta belleza, fui irresistiblemente atraído hacia un punto de luz,
una ventana!
Sí, en mi corazón se hallaba una apertura hacia el exterior
y no pude evitar la tentación de asomarme por ella y observar el espectáculo
cual promesa, cual revelación.
 
Aquello que vi me enmudeció,
una lágrima descendió por mi rostro,
reuniendo los flujos “desencadenados”.
Un pequeño pájaro azul se posó delante de mis ojos, moviéndose graciosamente.
Cantaba y silbaba tan fuerte que “apagó” el silencio alrededor.
Todos escuchaban su música.
Hacía su espectáculo como si de un trabajo se tratase.
 
Nunca antes en mi vida había visto tanta belleza: este pájaro parecía hecho de gracia y dulzura.
¿Cómo definir su plumaje turquesa?
Brillaba iluminado por mil fuegos, como si siempre hubiese habitado en mí.
Portaba una magnífica perla en su pico,
seguramente regalada.
 
Una mujer me había dicho: “Este pájaro azul soy yo”.
Y en mi corazón visualicé mi amor más puro por ella.
De vez en cuando vuela frente a mí ventana.
Un día, ahora o manana, le abriré mi puerta. »

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET

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SISTER FROM THE MOON – PART 2

Quelle belle nuit, as-tu bien dormi ma sœur ? Viens près de moi et raconte-moi tout. Je viens d’ailleurs de préparer un café comme tu l’aimais tant.

Je le sais, c’est si étrange encore, je ne savais rien de toi hier à la même heure, je ne pouvais imaginer que tu serais là comme il y a fort longtemps

Il ne fallait pas me remercier ma belle et encore moins pleurer mais peu importe, j’ai fait d’ailleurs pareil, je l’avoue. Sais-tu pourquoi pleurons-nous, est-ce normal ?

Cette question est comme tant d’autres, insoluble, empreinte de mystère mais je sens une chose : la vérité est proche, elle tournoie et vole autour des mots comme un voile.

Je viens de faire un rêve magique et pas plus tard que tout de suite : je revivais les retrouvailles et j’ai pu voir. Nos yeux étaient si heureux de se revoir qu’ils se sont télescopés comme des étoiles.

Te souviens-tu des aimants avec lesquels nous jouions enfants ? C’est un peu les mêmes choses. C’est drôle, je ressens encore les choses, elles reviennent à nous comme cette odeur de vanille.

Nos yeux se sont ainsi brisés Rissa, nous laissant aveugles tant de temps. C’est ce qui nous est arrivé et depuis hier, nous revoyons, à nous la vue nouvelle ! Laisse-moi admirer ton regard du matin, tes yeux sont magnifiques, on dirait une petite fille !

Je dois te dire aussi, du moins tel que cela me fut conté dans le rêve : il en fut de même pour nos cœurs. Je te vois venir, penses-tu te voir repartir à neuf ? Pour le coup, tu rêves.

Je ne sais pas pour toi mais le mien fut brisé il y presque sept ans. Tu vas rire : le même coup de l’aimant, le choc mais avec d’autres sœurs, quelle famille ! Et toi, revis-tu ton bing-bang ? Dépêche-toi, le jour se lève.

Nos yeux neufs virent pour nous deux, le choc avait fait à chaque fois deux entailles dont s’échappait de la lumière, rien de grave, non, juste deux fentes telles un mécanisme optique, une loupe, un télescope.

C’est cela l’amour ma sœur, c’est pour cela qu’on s’aime tant. Buvons maintenant notre café, j’ai préparé aussi des croissants.

 

Crédits : texte écrit par Sébastien BURET

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